Avez vous déjà éprouvé de la culpabilité à ne pas vous sentir "assez mal" après que quelque chose de grave vous soit arrivé ?
TW : VSS
Je repense beaucoup à cette histoire en ce moment, parce que j'ai récemment déménagé en face de chez mon ex (même s'il n'habite plus ici aujourd'hui) et je vois tous les jours la fenêtre de la chambre dans laquelle tout cela s'est produit
Quand le confinement a été annoncé, il m'avait posé la question de si j'avais besoin d'aide pour apporter mes affaires chez lui, comme si le fait que nous le passions ensembles coulait de source. Je lui ai expliqué que je ne voulais pas, que notre couple était beaucoup trop nouveau et que je ne pensais pas que c'était une bonne idée, mais il a tellement insisté que j'ai fini par céder (avec le recul, premier red flag plus qu'evident)
Comme c'était à prévoir, ça s'est mal passé. Il tournait en rond, n'avait pour seule occupation que la télé, facebook (deux choses dont j'avais personnellement oublié l'existence depuis mon adolescence) et les apéros visio avec ses potes le soir. Il supportait très mal que je m'occupe seule et me rabaissait vivement dès que je le faisais (les jeux vidéos c'est pour les gamins décérébrés, les magasines de jeux type sudoku c'est pour les grands mères etc...). On jouait à quelques jeux de société de temps en temps, toujours les trois mêmes, mais si on avait épuisé nos sujets de conversation, je me retrouvais obligée de végéter devant la petite maison dans la prairie pour ne pas avoir à supporter des remarques constantes et désobligeantes
Et puis il y avait ce conflit permanent autout du sexe. Il l'avait dit ouvertement au début : ça allait être génial de pouvoir s'envoyer en l'air tous les jours et toute la journée. Spoiler alert : non. Avec le stress du confinement et son attitude, autant vous dire que ma libido était en berne. Et tous les jours, absolument tous les jours, il réclamait, il insistait, il m'expliquait à quel point ça le faisait se sentir mal, laid et mal aimé
J'ai pris le temps de lui expliquer je ne sais combien de fois que le problème ne venait pas de lui (à l'époque je n'avais pas compris moi même que mon absence d'envie était en partie liée à sa manière de se comporter) que c'était une période stressante, j'avais d'autres problèmes à côté aussi etc... Mais le harcèlement était tel que j'ai fini par me "laisser faire". S'en suivait à chaque fois de longs moments de mutisme et de prostration, mais il n'avait pas l'air de le remarquer
J'ai utilisé le mot "agression" une seule fois, et il a explosé de rage et de pleurs parce qu'il ne supportait pas d'entendre ce mot, ayant lui même subi des VSS enfant. Ça a suffit pour que la honte et la culpabilité change de camp, dans le mauvais sens du terme, je n'ai plus osé aborder de nouveau le sujet
C'est ma psy qui deux ans après a mis un mot sur ce que j'avais vécu : le viol conjugal
Toute cette histoire pour dire qu'au final, quand j'y repense, ce qui me mets le plus en colère ce ne sont pas les VSS mais tout le reste et je me sens coupable, j'ai l'impression de trahir toute les victimes de viol (j'y travaille avec ma psy ne vous inquiétez pas)
Est ce que vous même vous avez déjà eu cette sensation ? L'impression que vous ne réagissez pas de manière assez forte par rapport à quelque chose de grave ? Pas forcément des VSS, peut être aussi après la mort d'un proche, une injustice que vous auriez vécu ou toute autre chose. Merci
Posted Jul 17, 2025, 8:30 AM UTC