Les épées à deux mains étaient-elles vraiment lourdes et brutales ?
Contrairement à l’image véhiculée par le cinéma et les jeux vidéo, les grandes épées à deux mains du Moyen Âge et de la Renaissance n’étaient pas des masses d’acier impossibles à manier. Les exemplaires conservés dans les musées européens pèsent en moyenne entre 2,5 et 3,5 kg.
Au XVᵉ et au XVIᵉ siècle, ces armes, appelées espadons en France ou zweihänder dans le Saint-Empire, étaient utilisées par des soldats spécialisés, notamment les lansquenets allemands. Leur rôle n’était pas de frapper aveuglément, mais de créer des brèches dans les formations de piquiers, en écartant ou en brisant les hampes adverses.
Les traités d’escrime comme ceux de Joachim Meyer montrent une pratique codifiée, précise, presque chorégraphiée. L’arme permettait aussi des techniques de demi-lame, où l’on saisissait la lame avec la main protégée par des gants.
Loin d’être une arme brute, l’épée à deux mains était un outil stratégique, exigeant force, technique et discipline.
Sources :
. Ewart Oakeshott, European Weapons and Armour
. Joachim Meyer, Gründtliche Beschreibung der Kunst des Fechtens (1570)
. Tobias Capwell, Armour of the English Knight
. Royal Armouries, Leeds, collections d’espadons
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Posted Feb 26, 2026, 8:02 AM UTC