Un fou dans Toulouse

C’est une nuit comme les autres à Toulouse… enfin, je pensais. Il devait être autour de 22h, et les rues commençaient à se vider. Les lampadaires jetaient leur lumière jaune, mais certains coins restaient plongés dans l’ombre. Je marchais seul, les écouteurs dans les oreilles, avec ma musique pour me tenir compagnie.

Au début, tout semblait normal. Les bruits des voitures au loin, le froissement des feuilles dans le vent… puis je l’ai vu. Un reflet derrière moi, dans la vitrine d’un magasin fermé. Je me suis retourné, mais il n’y avait rien. Peut-être que j’avais imaginé ça.

Je continue de marcher. Je tourne à droite à l’angle d’une rue… et je le vois encore. Lui aussi a tourné. Cette fois, je le remarque vraiment. Il est loin, mais il me suit.

Mon cœur commence à battre plus vite. Je retire mes écouteurs. Les bruits de ses pas deviennent plus clairs, précis… réguliers. Trop réguliers. J’essaye de me convaincre que c’est une coïncidence, mais je le sais déjà : ce n’est pas une coïncidence.

Je décide d’accélérer. Je traverse une rue plus large. Une voiture klaxonne. Il traverse aussi, sans hésiter. Je me mets à marcher plus vite, presque en courant maintenant. Je sens l’adrénaline me brûler les veines.

Je tourne dans une petite ruelle étroite, pensant pouvoir le semer. Mais les pavés résonnent sous ses pas. Je me cache derrière une poubelle, le souffle court, le cœur qui tambourine. Silence. Quelques secondes. Puis… des pas. Lentement. Trop lentement. Ils s’arrêtent. Je me penche pour regarder.

Il est là, au bout de la ruelle, immobile. Ses yeux me fixent. Je n’ai jamais rien vu d’aussi… bizarre. Pas de sourire, pas de gestes. Juste ce regard qui me transperce. Comme s’il savait exactement où j’allais, ce que je pensais, ce que je faisais.

Je n’ai pas réfléchi. J’ai sprinte comme jamais. Mes jambes me brûlent, mon souffle est court, mes poumons semblent sur le point d’exploser. Je tourne à gauche, à droite… chaque coin de rue me paraît plus long, plus sombre. J’entends mes propres pas, et derrière… les siens. Toujours là. Toujours réguliers. Toujours… trop proches.

Je trouve refuge dans un petit bar encore ouvert. Je pousse la porte, mon cœur battant à tout rompre. Je m’assois au comptoir, essayant de paraître normal, même si je sens que je tremble. Je regarde discrètement la porte. Rien. Il n’est pas entré.

Je reste là quelques minutes, le souffle encore court, essayant de me convaincre que j’ai imaginé tout ça. Mais quand je sors… il a disparu. Comme s’il n’avait jamais été là.

Depuis cette nuit-là, je ne marche plus jamais seul dans Toulouse. Je ne mets plus jamais mes écouteurs. Et à chaque fois que j’entends un pas derrière moi dans le silence… je me retourne, même si je préfère ne pas savoir.

Posted Apr 1, 2026, 5:51 AM UTC

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