CHAPITRE 11 / P5

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Lena souffle une dernière fois devant la porte.
Comme quelqu’un qu’on envoie tester une créature dangereuse en captivité.
Version : Will Trent blessé et de mauvaise humeur.
Autant dire un risque professionnel.

Puis elle entre.
Et immédiatement la porte s’ouvre de l’autre côté au même moment.
Une infirmière sort.
Très vite.
Très agacée.
— Non, vous ne pouvez pas “Juste retirer un peu la perfusion”.
— Je peux totalement.
— Monsieur Trent…
Elle voit Lena.
S’arrête.
La regarde.
Puis désigne vaguement la chambre derrière elle avec l’énergie d’une femme abandonnant un combat.
— Tenez, peut-être que vous aurez plus de chance que moi.
Puis elle part dans le couloir en râlant encore sur “les agents fédéraux impossibles”.
La porte se referme derrière Lena.
Et elle se retrouve propulsée directement dans la chambre.
Silence.
Enfin…silence relatif.
Parce que Will râle encore.
Évidemment.

Will Trent est là.
Assis dans le lit d’hôpital.
Encore un peu pâle.
Les traits tirés.
Mais vivant.
Complètement vivant.

Son bras est bandé et immobilisé dans une attelle qui lui donne clairement envie de déclarer la guerre à tout le personnel médical.
La perfusion pend à côté de lui.
Et il est littéralement en train de la regarder avec méfiance.
Comme si elle l’avait personnellement insulté.

Lena reste immobile une seconde.
Juste à le regarder.
À encaisser enfin le fait qu’il est là.
Qu’il respire.
Qu’il râle sur du matériel médical au lieu d’être inconscient dans son salon.

Puis elle avance doucement.
Très doucement.
Comme quelqu’un qui approche un animal sauvage blessé susceptible de mordre.
Will continue de parler sans regarder.
— Je pourrais sortir aujourd’hui si tout le monde arrêtait de dramat...
Et là quelque chose craque en elle.
Parce que cette version là de Will…elle ne l’avait encore jamais vue aussi fort.
Ce mélange de fatigue, d’autorité, de mauvaise foi absolue et d’énergie agressivement vivante.

Un rire monte.
Brutalement.
Elle essaie de le retenir.
Échec total.
Un vrai rire lui échappe.
Puis un autre.

Will relève immédiatement la tête, déjà prêt à râler sur la personne qui ose encore l’empêcher de quitter cet hôpital.
Puis il la voit.
Et il se fige.
Complètement.
Le silence tombe une demi-seconde.

Lena craque totalement.
Elle éclate de rire pour de vrai maintenant.
Pas moqueur.
Pas cruel.
Un rire nerveux.
Épuisé.
Celui de quelqu’un qui relâche enfin douze heures de peur d’un seul coup.
Elle se plie presque en deux.
— Sérieusement, Will ?!
Il la regarde.
Encore figé.
Puis ses épaules redescendent légèrement.
Comme si lui aussi venait enfin de respirer depuis la veille.
— Bonjour à toi aussi.
Elle rit encore.
Les yeux déjà pleins de larmes malgré elle.
— Tu terrorises les infirmières.
— Elles exagèrent.
— Tu essayais d’arracher ta perfusion !
— Elle me ralentit.
— TU AS PRIS UNE BALLE.
— Bras.
Corrige-t-il immédiatement.
Lena le fixe.
Complètement sidérée.
Puis recommence à rire.
Encore plus.
— Oh mon dieu, tu es insupportable.
— C’est ce que tout le monde dit depuis ce matin.
Elle finit par arriver près du lit.
Toujours en train de rire un peu.
Toujours tremblante aussi.

Puis elle le regarde vraiment.
Le bandage.
L’attelle.
La fatigue sous ses yeux.
La pâleur encore présente.
Et d’un coup le rire se casse légèrement.
Juste un peu.
— Tu m’as fait tellement peur.
Cette fois, sa voix sort toute petite.
Will la regarde longtemps.
Puis sa main valide vient chercher doucement la sienne.
— Je sais.
Lena serre immédiatement ses doigts fort.
Comme pour vérifier encore.

Et pendant une seconde plus rien d’autre n’existe dans la chambre.
Ni l’hôpital.
Ni les machines.
Ni le reste.
Juste lui.

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Lena reste encore debout une minute près du lit.
Comme si son corps ne savait plus vraiment quoi faire maintenant que la crise est passée.
Elle essuie rapidement ses yeux avec la manche beaucoup trop longue de son pull, renifle discrètement, puis regarde le lit.
Puis Will.
Puis le lit encore.

Et sans dire un mot elle retire ses chaussures.
Will fronce légèrement les sourcils.
— …qu’est-ce que tu fais.
— J’ai pris une décision.
— Ça m’inquiète déjà.
Elle ignore totalement ça.
Évidemment.

Elle contourne le lit du côté de son bras valide avec toute la concentration d’une femme en mission critique.
Puis grimpe doucement dans le lit d’hôpital.
Très naturellement.
Comme si c’était parfaitement logique.

Will la regarde faire avec cette expression précise entre confusion, fatigue et résignation.
— Lena.
— Chut.
Elle se glisse finalement contre lui avec énormément de précautions malgré son apparente absence de plan. Elle évite son bras blessé, s’installe du bon côté, réussit à se caler contre son torse sans tirer sur aucun câble médical par miracle statistique.

Puis elle se colle à lui.
Complètement.
Comme si son cerveau avait enfin décidé que maintenant, elle ne compte plus le lâcher.
Will baisse les yeux vers elle.
Toujours un peu incrédule.
— Tu viens vraiment d’envahir un lit d’hôpital.
— Oui.
— Avec beaucoup de confiance.
— J’ai traversé une fusillade, je me sens capable de tout.
Cette fois, un vrai petit rire lui échappe.
Fatigué.
Mais réel.

Et malgré ses protestations constantes depuis des heures il la laisse faire.
Complètement. Parce qu’honnêtement…Lena arrive à rendre normales les situations les plus absurdes du monde.
Même ça.

Son bras valide vient doucement l’entourer.
La serre contre lui avec précaution.
Puis il embrasse son front lentement.
Enfin plus calme maintenant qu’elle est là.
Vraiment là.

Lena ferme les yeux une seconde contre lui.
Le soulagement la traverse encore par vagues.
Puis évidemment elle relève légèrement la tête avec un sourire déjà revenu.
— Donc.
Will soupire déjà.
— Non.
— “Monsieur Trent vous devez rester allongé.”
— Lena.
— “Monsieur Trent arrêtez d’arracher vos câbles.”
— Elles dramatisent.
— Tu es en guerre contre une infirmière nommée Sandra depuis huit heures.
— Sandra abuse de son pouvoir.
Elle éclate immédiatement de rire contre lui.
— Mon dieu tu es un vieux monsieur grincheux.
— Je suis blessé.
— Tu étais déjà grincheux avant.
— Différemment.
Elle lève les yeux vers lui.
Toujours collée contre son torse.
— Tu sais que Faith t’a dénoncé ?
— Trahison professionnelle.
— Elle a dit que tu essayais de partir.
— Parce que je vais bien.
Lena se redresse juste assez pour le regarder avec une expression outrée.
— Will, Tu as perdu tellement de sang que tu étais blanc comme une feuille.
— J’étais beige.
Elle reste figée une seconde.
Puis le regarde avec une lenteur dramatique.
— Tu négocies même les couleurs maintenant.
— Je suis précis.
— Tu es insupportable.
Mais elle sourit en disant ça.
Un vrai sourire cette fois.
Fatigué.
Fragile.
Et Will le voit immédiatement.
Alors sa main remonte doucement dans ses cheveux détachés.
Les regarde une seconde.
— Tu les as laissés libres.
Elle hausse vaguement une épaule contre lui.
— J’ai abandonné après trois tentatives ratées.
Ses doigts glissent lentement dans les longues mèches.
— C’est joli.
Lena cligne des yeux.
Prise complètement au dépourvu par le compliment.
Puis immédiatement pour survivre émotionnellement :
— C’est les médicaments qui parlent.
— Peut-être.
— Je préfère cette théorie.
Will sourit légèrement contre ses cheveux.
Puis ferme enfin un peu les yeux.
Moins tendu.

Moins sur le point de combattre le personnel hospitalier.
Parce qu’elle est là maintenant.
Et clairement ça aide beaucoup trop.

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Le silence retombe doucement après ça.
Enfin un vrai silence.
Pas celui de la peur.
Un silence calme.
Fatigué.

Lena reste blottie contre Will, la joue contre son torse pendant que les machines autour d’eux continuent leurs petits bips réguliers.
Le bras valide de Will est toujours autour d’elle.
Sa main glisse parfois dans ses cheveux sans vraiment y penser.
Comme un réflexe maintenant.

Et pendant quelques minutes ils restent juste comme ça.
À respirer.
À récupérer.
À réaliser qu’ils sont encore là tous les deux.

Puis Lena finit par parler.
Sa voix est basse.
Presque étouffée contre lui.
— Merci.
Will baisse légèrement les yeux vers elle.
— Pourquoi.
Elle serre un peu ses doigts contre son t-shirt d’hôpital.
— Pour hier.
Petit silence.
— Pour t’être mis devant moi.
Ça sort difficilement.
Parce qu’elle revoit encore le mouvement.
Le moment précis où il s’est déplacé pour prendre sa place.
Sans hésiter.
— T’aurais pu mourir.
Will reste silencieux une seconde.
Pas parce qu’il cherche quoi dire.
Parce qu’il réfléchit vraiment.
Puis :
— J’imaginais pas un autre scénario.
Lena relève légèrement la tête.
— Will…
— C’est vrai.
Sa voix reste calme.
Simple.
Comme s’il disait quelque chose d’évident.
— Je l’aurais fait à chaque fois, sans hésiter.
Le souffle de Lena vacille un peu.
— C’est pas censé être romantique dit comme ça.
— Je sais.
— Et pourtant ça l’est horriblement.
Cette fois un petit sourire apparaît au coin de sa bouche.
Fatigué.
Mais là.
Puis il ajoute tranquillement :
— Et techniquement, toi aussi tu m’as protégé.
Elle fronce légèrement les sourcils.
— Hein ?
— Ton mode Jet Li.
Silence.
Lena le fixe.
Complètement figée.
— Mon quoi ?
— Tu as détruit un homme.
— Non.
— Lena.
— NON.
Will la regarde avec énormément trop de calme pour quelqu’un qui parle d’une scène pareille.
— J’ai vu une partie, c’était inquiétant.
— Je paniquais.
— Tu l’as plié en deux.
— Je suis petite, ça aide à la vitesse.
Il souffle un rire contre ses cheveux.
— Il essayait encore de récupérer l’arme et soudain tu es devenue un film d’action asiatique.
Lena ouvre la bouche.
La referme.
Puis :
— Honnêtement je me souviens pas de la moitié.
— Lui probablement encore moins.
Elle grimace immédiatement.
— Oh mon dieu.
Puis elle cache carrément son visage contre lui.
— Est-ce que j’ai vraiment fait ça ?
— Oui.
— Violent ?
— Très.
— Mince.
Will rit doucement cette fois.
Un vrai rire bas.
Encore un peu rouillé par la fatigue et les antidouleurs.
— Faith avait l’air impressionnée.
— Je veux mourir.
— Angie aussi.
— STOP.
Elle se recroqueville encore plus contre lui comme si disparaître physiquement était une option viable.
— Je suis devenue un Agent Spécial sous Stress.
— Tu m’as sauvé la vie.
La phrase tombe simplement.
Sans exagération.
Sans humour.
Et ça la fait se figer immédiatement.
Will baisse légèrement la tête vers elle.
Le regard plus sérieux maintenant.
— Je veux que tu comprennes ça aussi.
Silence.

Lena relève doucement les yeux vers lui.
Encore un peu perdue.
Comme si son cerveau refusait de connecter l’image d’elle en panique avec celle de quelqu’un capable de faire ce qu’elle a fait.
— J’ai juste…
— Non.
Sa main vient doucement contre sa joue.
— Tu as agi et tu l’as arrêté avant qu’il reprenne l’arme.
Petit silence.
Puis Lena souffle finalement :
— Je vais vraiment plus jamais pouvoir regarder Jet Li normalement.
Will ferme les yeux une seconde.
Très fatigué.
— Moi non plus.
Lena souffle contre lui, encore à moitié cachée dans son torse comme si ça pouvait effacer toute l’histoire.
— Je vais arrêter les films de bagarre.
Will hausse légèrement un sourcil.
— Ah oui ?
— Oui, c’est dangereux pour la société apparemment.
— Surtout pour les gens armés.
Elle grimace.
— J’ai regardé trop de films d’action quand j’étais petite, c’est la seule explication logique.
— Bien sûr.
— Mon cerveau a vu “danger” et a répondu “devient Jackie Chan”.
— Version énervée.
— Très énervée.
Petit silence.
Puis elle finit par bouger un peu contre lui.
Doucement.
Remonte légèrement pour venir chercher ses lèvres.
Naturellement.

Comme un besoin tranquille maintenant.
Mais au dernier moment Will tourne la tête.
— Non.
Lena se fige.
Choquée.
Vraiment choquée.
— Pardon ?
Très sérieux, il ajoute :
— Je pue du bec.
Silence.
Puis Lena éclate de rire.
Un vrai.
Violent.
Immédiat.
Elle recule juste assez pour le regarder avec des yeux immenses.
— T’es en train de me copier ?!
Will garde un visage parfaitement neutre.
— Peut-être.
— C’était MA technique ça !
— Je l’améliore.
— Traître.
Elle rit encore, complètement morte de rire maintenant.
Parce qu’il l’a déjà entendue dire exactement ça au réveil.
Plusieurs fois.
Avec énormément de conviction.
— T’as osé utiliser mon excuse contre moi.
— Elle fonctionne bien.
— Non parce que là c’est ridicule, tu sors d’une fusillade et c’est ça ton problème ?
— J’ai des standards.
— Tu es dramatique.
— Tu vis littéralement dans mon lit d’hôpital depuis vingt minutes.
— Et alors ?
— Lena, tu viens de traverser une fusillade. Tu peux survivre à trente secondes sans m’embrasser.
Elle le regarde longuement.
Très offensée.
Puis :
— C’est faux.
Et avant qu’il puisse répondre, elle attrape doucement son visage entre ses mains et vient l’embrasser quand même.
Directement.

Will essaie vaguement de protester contre ses lèvres.
Échec complet.

Le baiser reste court.
Doux.
Mais réel.
Quand elle recule enfin, elle garde son front contre le sien avec un sourire satisfait.
— Verdict.
— Hm ?
— Pas de haleine mortelle.
— Tu mens peut-être.
— Non, par contre toi t’as un énorme problème de confiance envers les infirmières.
Il souffle un rire fatigué.
Puis sa main revient doucement dans son dos pour la garder contre lui.
— Elles me jugent.
— Parce que tu arraches des perfusions, Will.
— Une fois.
— Faith a dit deux.
— Faith est une balance.
Lena éclate encore de rire contre lui.
Et cette fois Will la regarde rire sans rien dire.
Longuement.
Avec ce regard plus calme qu’il a seulement quand elle est là.
Puis très doucement :
— Ça fait du bien de te voir rire.
Le sourire de Lena ralentit un peu.
Devient plus tendre.
— Toi aussi tu râles mieux vivant.
— Merci.
— C’est un compliment énorme venant de moi.

Et pendant quelques secondes encore la chambre d’hôpital ressemble presque à quelque chose de normal.
Presque.

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Après ça, le calme revient encore.
Un calme plus léger cette fois.
Moins fragile.

Lena reste installée contre lui comme si ce lit d’hôpital appartenait aussi un peu à elle maintenant. Une jambe coincée contre les siennes, son bras passé autour de son torse avec énormément trop de naturel pour une chambre médicalisée.
Elle lui vole encore un baiser rapide.
Juste parce qu’elle peut.
Will râle immédiatement.
Par principe.
— Tu profites de mon état de faiblesse.
— Exactement.
— C’est immoral.
— Je suis une criminelle.
— Confirmé par ton attaque de Ninja d’hier.
Elle ouvre la bouche pour protester quand on frappe à la porte.

Puis elle s’ouvre directement sans attendre une vraie réponse.
Évidemment.
Nico entre la première.
Suivie de Faith Mitchell.
Et Nico se fige immédiatement.
Parce que la scène devant elle est absurde.
Lena est littéralement étalée dans le lit de Will comme si elle vivait là depuis toujours.
Will a un bras immobilisé, une tête de patient grincheux sous antidouleurs…et pourtant il la tient quand même contre lui avec un calme presque insultant.
Comme si tout ça était parfaitement logique.

Et le pire ?
Ça l’est pour eux.
Complètement.

Will ne bouge même pas.
Aucune gêne.
Aucune tentative de remettre une “distance acceptable”.
Il a dépassé ce stade avec Lena depuis longtemps maintenant.
Très longtemps.

Nico regarde la scène.
Puis Will.
Puis Lena.
Puis encore la scène.
— Je vois que la survie a renforcé votre problème de fusion corporelle.
Lena sourit immédiatement contre Will.
— Re Bonjour Nico.
— Non, Bonjour à vous deux apparemment.
Faith, derrière elle, lève juste les yeux au ciel avec l’épuisement d’une femme qui n’a plus l’énergie de gérer ça.
— Au moins il reste allongé.
— Parce qu’elle le surveille.
Dit Nico.
— Je suis prise en otage.
Marmonne Will.
Lena relève immédiatement la tête.
— Mensonge.
— Stockholm Médical.
— Tu m’as laissé monter dans le lit.
— J’étais faible.
Nico éclate de rire cette fois.
Puis elle s’approche enfin du lit.

Son sarcasme redescend légèrement quand elle regarde vraiment Will.
La pâleur encore là.
Le bandage.
Les traits tirés.
Et sa voix devient un peu plus douce malgré elle.
— Tu nous as fait peur, idiot.
Will soutient son regard quelques secondes.
Puis :
— Désolé.
Simple.
Honnête.
Nico souffle par le nez.
— Ça lui va tellement mal de s’excuser.
— Je déteste ça.
Confirme Will immédiatement.
— Ah voilà, Là tu redeviens normal.
Elle lui tapote doucement la jambe.
Au dessus du draps.
Puis reprend aussitôt :
— Et franchement ? Très déçu de la mise en scène.
Will fronce légèrement les sourcils.
— Quoi.
— Une balle et même pas une cicatrice dramatique au visage ?
— Nico.
— Je veux dire, si tu fais un passage à l’hôpital, engage toi un peu.
Lena étouffe un rire contre Will.
— Merci, maintenant il va vouloir améliorer la prochaine fois.
— IL N’Y AURA PAS DE PROCHAINE FOIS.
Répondent Nico et Faith exactement en même temps.
Silence.

Puis Lena éclate de rire.
Même Will finit par souffler un rire fatigué.
Faith les regarde tous les trois.
Longuement.
— Vous êtes épuisants.
— Et pourtant tu reviens toujours.
Dit Will.
— Parce que quelqu’un doit empêcher ton Décès Administratif.
Elle désigne Lena du menton.
— Et clairement elle encourage tes mauvais comportements.
Lena prend immédiatement un air outré.
— Faux.
Petit silence.
Puis :
— Je les soutiens émotionnellement.
— Tu as envahi son lit d’hôpital.
— Soutien émotionnel physique.
Faith ferme les yeux une seconde.
— Mon dieu.

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Au bout d’un moment, Lena finit quand même par décider de descendre du lit.
Miracle médical.
— Je vais laisser respirer le patient.
Annonce-t-elle avec énormément trop de sérieux.
— Merci.
Marmonne Will.
Elle se redresse doucement pour éviter son bras blessé, remet vaguement son pull en place…Puis avant de partir elle se penche.
Et lui vole un autre baiser.
Rapide.
Net.
Totalement assumé.
Will la regarde, scandalisé immédiatement.
— Vous voyez ?!
Il tourne la tête vers Nico et Faith avec l’expression d’un homme profondément persécuté.
— Elle profite clairement de ma vulnérabilité.
Lena descend enfin du lit, outrée.
— Pardon ??
— Je suis blessé.
— Tu râlais déjà avant que je t’embrasse.
— Et maintenant je râle avec soutien émotionnel.
Faith pousse un long soupir dramatique.
— Je veux être mutée.
— Refusé.
Dit Will immédiatement.
— Tu vois ? Même sous antidouleurs il reste autoritaire.
Lâche Nico.
Lena reste près du lit malgré tout.
Jamais loin.

Elle récupère la chaise à côté et s’assoit presque collée au matelas comme si son cerveau refusait encore de le perdre de vue trop longtemps. Sa main reste posée sur la Jambe de Will sans même qu’elle y pense.

Et pendant qu’ils continuent à se chamailler la porte s’ouvre encore.
Angie Polaski entre la première. Puis Michael Ormewood juste derrière elle avec un café beaucoup trop grand dans une main.

Ils s’arrêtent tous les deux devant la scène.
Will dans le lit.
Lena installée juste à côté.
Nico debout.
Faith déjà épuisée moralement.
Et Michael souffle immédiatement :
— Incroyable, vous avez réussi à transformer une chambre d’hôpital en réunion de famille dysfonctionnelle.
— On fait de notre mieux.
Répond Lena très sérieusement.
Angie regarde Will.
Puis Lena.
Puis leurs positions beaucoup trop proches.
— Donc personne ne respecte le protocole de repos ici.
— Je me repose.
Réplique Will.
— Tu débats depuis quarante minutes.
— C’est différent.
Michael s’approche du lit.
Observe le bras immobilisé.
— Honnêtement ? Je m’attendais à pire.
Will lui lance un regard plat.
— Merci pour ce soutien émouvant.
— Je suis sincère, T’as encore tes deux bras.
— À peine.
— Dramatique.
Murmure Angie.
Puis elle regarde Lena.
— Et toi ? Toujours en mode Jason Bourne sous Stress ?
Lena se fige immédiatement.
— Faith vous a raconté ?
— Faith nous a mimé un coup de genou.
Dit Michael.
Faith lève une main.
— J’étais sous adrénaline.
— Vous êtes des traîtres.
— Non.
Corrige Angie calmement.
— On est fascinés.
Lena cache immédiatement son visage dans ses mains.
— Je vais changer d’identité.
— Trop tard.
Dit Michael.
— Personnellement, j’ai beaucoup aimé la partie où tu as quasiment envoyé ce type dans une autre dimension.
Will regarde Lena avec beaucoup trop de calme.
— Moi aussi.
— STOP.
Tout le monde rit cette fois.
Même Angie.
Même Faith finit par sourire un peu.

Et Will…
Will regarde la scène autour de lui.
Les voix.
Les disputes absurdes.
Lena toujours juste là à côté.

Et malgré la douleur dans son bras, malgré la fatigue, malgré l’hôpital quelque chose dans son regard se détend complètement.
Parce qu’ils sont tous là.
Et surtout parce qu’elle est là.

Posted May 10, 2026, 10:11 PM UTC

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