Je me frappe et je veux arrêter ça.

Hello,

Bon vous l’aurez déjà deviné au vu du titre, mais :
TW auto-mutilation/self-harming.

C’est quelque chose dont je ne suis pas fier, je dirais même que j’en ai peu honte.
Il m’arrive souvent face à certaines situations qui me procurent beaucoup de stress, de colère, ou de frustration, de me frapper. On parle de claques à répétition sur le crâne, voire de coups de poings au visage. C’est souvent intense, très difficile de m’en empêcher, je sais que c’est mal, je connais le mécanisme, pourtant rien à faire, j’ai l’impression que ça devient de plus en plus automatique. Bon, heureusement jamais violent au point de me blesser mais bon sang je regrette et me sens tellement mal à chaque fois.

J’ai un peu plus de la vingtaine, ça fait quelques années que ce geste se répète, j’ai l’impression que cela s’est empiré avec les études supérieures et encore davantage suite à un épisode de harcèlement à cause duquel j’ai dû changer d’école et qui m’a mené à m’infliger une vilaine blessure au bras en réaction à l’image profondément dégradée que j’avais de moi-même. J’ai complètement arrêté de m’infliger des blessures visibles depuis, seulement les coups, qui sont pas tellement mieux mais au moins ça ne laisse pas vraiment de "traces".

Pourtant de l’extérieur on peut croire que tout va bien. J’ai pas baissé les bras face au harcèlement, je me suis battu pour reprendre les études, j’ai de bons résultats, je me nourris bien, je dors du mieux que je peux, j’ai une famille aimante, des amis présents, une copine géniale, je suis suivi par une psychologue et je fait du sport autant que je peux pour me canaliser.

Pourtant ça ne suffit pas. Et je crois que c’est un de mes premiers problèmes « ça ne suffit pas ». J’essaye tellement de bien faire et je me mets tellement la pression pour être le bon fils, celui qui réussi, le bon petit ami, que lorsque j’échoue, que je déçois, ou que je suis confronté à l’un de mes défaut que je ne supporte pas, j’ai envie de disparaître, presque de me punir en fait.
Le pire c’est quand je déçois ma copine, ou quand je fais ou dis quelque chose qui la blesse. Je m’en veux tellement, je me sens tellement merdique, c’est terrible. Je lui en ai évidemment pas parlé car j’en ai honte et je veux pas qu’elle culpabilise. Mais c’est arrivé plusieurs fois qu’elle se barre dans la minute de chez moi lorsque je fais quelque chose qui la blesse, et je crois que c’est pour moi la pire façon de réagir à un conflit car ça démultiplie mon sentiment de culpabilité, de regret et de honte et dans ces cas là j’ai juste l’impression qu’elle va me quitter et ne jamais revenir. Alors je m’effondre et me frappe. J’attends toujours d’être seul ou pas visible. Pourtant la plupart du temps ça se règle le lendemain, ou on finit par en parler. Plusieurs fois elle m’a même reproché de l’avoir laissé filer alors qu’elle voulait juste que je la retienne et m’excuse (chose que j’ai commencé à faire, et en effet ça me rassure de voir qu’il est parfois possible de régler le conflit sans que tout s’effondre). Mais malheureusement elle ne peut pas se rendre compte de ce qu’il se passe dans mon corps et dans ma tête dans moments là, c’est pas de sa faute et oui je devrais peut-être lui en parler. Mais j’ai honte et puis, qui voudrait sortir avec un "pauvre mec" qui se frappe quand ça va pas ? J’ai terriblement peur qu’on ait une mauvaise image de moi, encore plus elle.

Deuxièmement, il m’arrive également de me frapper quand je suis déjà stressé par la vie de tous les jours et qu’un élément vient me bloquer, me frustrer ou que je me sens dans une impasse… parfois c’est beaucoup dans la tête et le problème pourrait se régler aisément dans un autre contexte.
Ici c’est moins "profond", moins lié à la peur de l’abandon, de ne pas être assez ou de blesser celles et ceux qu’on aime. Parfois il s’agit d’un verre qui se casse, faire cramer des oignons dans une poêle, une clef USB qui décide de ne plus fonctionner, ma tablette qui refuse de charger alors que j’ai un devoir à rendre pour le lendemain… oui c’est très spécifique car je prends des situations réelles. Et même là, je sur-analyse peut-être trop, mais j’ai le sentiment qu’il y a quand même quelque chose. Une frustration ou une colère qui vient se cristalliser dans ces objets, ces objets qui viennent comme des accidents bouleverser le déroulement de ma journée, des imprévus qui me rappellent aussi parfois mon incompétence ou même mon incapacité à contrôler ma colère (oui je sais qu’il ne faut pas chercher à contrôler sa colère, mais il faut l’accepter… mais je trouve cela honnêtement très compliqué et abstrait lorsque tout mon corps est envahit par la colère). Bref, il y a toujours ce rapport à moi. Je suis un peu un gros nombriliste névrosé finalement. D’ailleurs, cette blessure que je me suis infligée au bras, vous savez ce qui l’a déclenchée ? Je voulais sortir faire un truc, mais je me sentais merdique, nul, moche… j’ai commencé à m’en vouloir d’être anxieux à l’idée de sortir, et alors que j’étais pas loin de franchir la porte qui donnait sur la rue, ce jour là j’ai abandonné. Ce n’étais même pas urgent ce que j’avais à faire, pourtant, profondément frustré et en colère contre moi-même, je suis remonté dans ma chambre, la colère m’a envahit et j’ai attrapé des ciseaux. J’ai immédiatement regretté ! Mais bon c’était déjà trop tard, la blessure était là et j’ai du aller me faire mettre des points de suture.

Bref, c’est assez clair que j’ai un problème avec moi-même.
J’ai peur d’être abandonné, de pas être assez que ce soit à mes yeux ou aux yeux des autres et c’est pour cette raison que je me mets la pression sur tous les aspects de ma vie et que je manque terriblement de tolérance envers moi-même quand il s’agit de mes émotions, de ma colère, de mes échecs ou défauts.

J’ai déjà beaucoup analysé. J’arrête pas même, parfois un peu trop.
J’ai vécu plusieurs abandons dans l’enfance, un abandon classique et un décès brutal.
C’est lié, ça fait un moment que je l’ai compris. Mais maintenant ? On fait quoi ? C’est tellement lent de grandir, d’évoluer, de changer malgré tout ce que l’on comprend sur soi-même. Il y a des jours où j’ai l’impression que je ne survivrai pas à ma vingtaine et d’autres où je me vois vieillir heureux et en paix.

Je sais pas trop ce que j’attends et partageant ça ici, honnêtement rien qu’écrire me fait déjà un peu de bien.
Si certaines personnes se reconnaissent dans mon récit ça me ferait plaisir que vous partagiez vos ressentis, ce que vous vivez également et si vous avez des techniques ou des idées pour substituer/limiter les gestes d’auto-violence.

Je vous remercie, et malgré toutes les merdes qu’on traverse la vie est belle, je vous envoie plein d’amour et de courage, je vous aime fort tous et toutes.

Posted Jun 13, 2026, 11:34 PM UTC

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