Françoise Dolto n'avait pas tout faux selon moi et je vais vous expliquer pourquoi ci-dessous :
Françoise Dolto n'avait pas tout faux selon moi et je vais vous expliquer pourquoi ci-dessous :
Il y a pile vingt ans, j'ai eu des problèmes avec des jeunes de 16 ou 17 ans, alors que j'en avais 23. Je ne vais pas raconter tous les détails, mais ils ont bien profité de ma faiblesse et m'ont fait toutes sortes de saloperies. C'étaient des jeunes de ma commune à l'époque.
Leur éducation, sans être tyrannique, n'était pas non plus vraiment de l'éducation positive, ni même de sa cousine, l'éducation libérale du XXe siècle que je défends. C'était plutôt une éducation classique, où l'on dit encore aux adolescents ce qu'ils doivent faire, tout en les gâtant sur le plan matériel (vêtements de marque, téléphone portable, etc.).
Par exemple, à l'époque, ils étaient en première et passaient donc le bac de français au mois de juin. Ils sortaient le soir pour faire des bêtises (boire, fumer et éventuellement faire des crasses dans le dos de leurs parents, dont j'ai moi-même été victime). Mais, paradoxalement, beaucoup n'avaient pas vraiment le droit de sortir la veille du bac, car leurs parents leur avaient dit : « Pas de sortie tardive la veille du bac. » Certains obtenaient finalement la permission à force d'insister, d'autres faisaient probablement le mur.
Dans cette bande, il y en avait quand même un ou deux qui étaient sympathiques et qui ne m'ont jamais rien fait, notamment un qui était, en quelque sorte, livré à lui-même. Enfin, disons plutôt autonome. En effet, il n'avait pas besoin que ses parents lui disent de ne pas sortir tard la veille du bac : il le faisait de lui-même.
Je m'en rappelle très bien, parce qu'un soir où il était dans ma voiture, vers 18 heures, ses copains l'ont appelé pour lui demander s'il pouvait les rejoindre au terrain de basket de la commune. Il leur a répondu : « Non. Les gars, c'est quoi ce bordel ? On a le bac demain et vous êtes tous dehors. Ce n'est pas sérieux ! » Ensuite, il m'a demandé de le ramener chez lui, et il n'est pas ressorti après le dîner.
Contrairement aux autres, qui étaient toujours « cadrés » par leurs parents — mal cadrés, selon moi, mais cadrés quand même — cet adolescent, dont les parents étaient divorcés et qui avait une belle-mère, était beaucoup plus libre et autonome. Bien sûr, pas depuis sa naissance, mais probablement depuis le début de sa préadolescence, c'est-à-dire depuis la fin du primaire ou le début du collège.
Cette personne est aujourd'hui avocat.
Quant aux autres, je ne leur en veux plus aujourd'hui. Ils ont commencé à changer de comportement vers l'âge de 21 ans et ont eux aussi une situation stable, dans un métier manuel ou autre. Cependant, entre 15 ou 16 ans et 20 ans, ils se comportaient vraiment comme des racailles.
À l'inverse, celui qui était plus indépendant rentrait quand il le voulait, faisait ses devoirs quand il le jugeait nécessaire et se couchait à l'heure qu'il voulait, durant toute son adolescence, de la sixième jusqu'au bac. Cela ne veut pas dire qu'il rentrait tous les soirs à des heures impossibles, qu'il se couchait systématiquement tard ou qu'il ne faisait jamais ses devoirs. C'est simplement qu'il était suffisamment mature pour se fixer lui-même un cadre.
C'est pourquoi j'ai l'intime conviction que Françoise Dolto avait au moins raison sur ce point : la liberté dans un cadre, mais un cadre qui s'élargit au fur et à mesure que l'enfant grandit. Le degré de confiance augmente également, puis, petit à petit, les parents s'effacent progressivement, tout en restant présents sur le plan affectif.
Bien sûr, j'ai conscience que cela ne peut pas fonctionner avec tout le monde. Mais j'ai l'impression que, de nos jours, on infantilise les enfants jusqu'à un âge très avancé, voire jusqu'à leur majorité, et qu'on ne les laisse plus prendre leurs responsabilités.
J'ai aussi l'impression que certains adolescents qui ont des parents très stricts, mais qui disposent malgré tout d'une grande liberté de déplacement, en profitent pour faire n'importe quoi, voire bien pire, dans le dos de leurs parents, sous l'influence du groupe.
À l'inverse, ceux qui n'ont pas le droit de sortir, de jour comme de nuit, jusqu'à leurs 18 ans risquent moins de faire des bêtises. Même si je déplore également cette manière de faire avec les adolescents, car ce n'est pas du tout la solution selon moi.
En revanche, les parents qui sont stricts uniquement sur les études ou sur ce qui se passe à la maison, mais qui se moquent complètement de ce que leurs enfants font dehors tant qu'ils rentrent à l'heure prévue, me semblent tout aussi problématiques. C'est ce que j'appelle la « liberté sauvage » des années 80 : une liberté uniquement physique, mais pas sociale.
Pour ma part, je préfère une liberté fondée sur la confiance, très encadrée au début, puis de moins en moins au fil du temps, en fonction du tempérament et de la maturité de l'enfant, aussi bien sur le plan de l'autonomie physique que de l'autonomie sociale. Parce que les deux vont ensemble.
Posted Jun 29, 2026, 11:27 PM UTC