Marylou plus tard
Le ton a changé, plus cru, plus fort
La salle de bain puait le sexe vieux et le patchouli rance, cette odeur âcre des corps qui n’ont plus rien à prouver. Mary Lou, affalée dans sa baignoire comme une déesse païenne sur son autel, avait ce corps trop présent, trop vivant, avec ses hanches qui débordaient de l’eau savonneuse et ses cuisses luisantes, striées de veines bleutées comme des rivières sur une carte au trésor. L’eau, trouble et laiteuse, collait à sa peau en traînées blanchâtres, et je sus, en la voyant, que je n’étais pas là pour me laver.
Le robinet gouttait, ploc, ploc, ploc, un rythme obscène, comme si la pièce elle-même retenait son souffle. Quelque part, une bougie crépitait, son parfum de cire fondue se mêlant à celui, plus tenace, de la transpiration et du musc bon marché qu’elle s’était tartiné entre les cuisses. Je sentis mon estomac se nouer — pas de dégoût, non, mais de cette faim là, celle qui tord les boyaux et te fait saliver comme un chien devant un os.
Je me déshabillai sans hâte, chaque geste calculé pour la faire attendre. Ma chemise tomba par terre avec un clap humide. Mon pantalon glissa sur mes hanches, et le frottement du tissu contre ma peau me fit frissonner. Elle ouvrit un œil, un seul, et ce regard — oh, ce regard — était une caresse en soi : avide, moqueur, affamé. Ses lèvres, gonflées par des années de cigarettes et de fellations trop vite léchées, s’entrouvrirent juste assez pour laisser échapper un filet de salive.
« Tu viens ? »
Sa voix, rauque et traînante, resta suspendue dans l’air humide comme une fumée de cigarette. Mais je ne bougeai pas tout de suite. Pas encore.
Mon corps, celui d’un homme de cinquante ans, n’était plus celui d’un jeune étalon lisse et tendu. Ma peau, un peu flétrie par les années, pendait par endroits, surtout aux hanches, où la chair avait perdu de sa fermeté. Mes côtes saillaient légèrement sous une peau parcheminée, striée de veines bleutées et de taches de rousseur. Et puis il y avait les poils : drus, grisâtres, qui couvraient mon torse en une toison épaisse, s’enroulaient autour de mon nombril, descendaient en une ligne sombre vers mon pubis. Même mes bras en étaient recouverts, comme si la vieillesse avait voulu me transformer en bête sauvage.
Mon sexe, lui, était déjà dressé, tendu vers elle. La peau luisante, presque violacée, suintait déjà une perle de liquide clair qui glissait le long de la hampe avant de s’accrocher à la racine de mes poils. Une odeur musquée, salée, montait de moi, se mêlant à celle, plus lourde, de Mary Lou.
Elle n’attendit pas. D’un geste vif, elle attrapa mon cul — fripé, un peu mou, marqué par les années passées assis devant des écrans ou des verres de vin. Ses doigts, épais et chauds, s’enfoncèrent dans ma chair, et je sentis son ongles effleurer mon anus. Un frisson me parcourut l’échine. Un seul doigt, glissé entre mes fesses, humide déjà, comme si elle avait trempé sa main dans l’eau avant de me toucher. Elle me tira vers elle, impérieuse, et je ne pus résister.
Je m’avançai enfin, chaque mouvement lent, calculé. Mon pied nu rencontra le fond glissant de la baignoire, et l’eau chaude — presque brûlante — me submergea les mollets, puis les cuisses. Je m’assis derrière elle, et l’eau déferla en vagues laiteuses contre ses hanches, clapotant comme une soupe trop pleine. Mon cul s’enfonça dans la faïence, et je sentis la chaleur m’engloutir, me coller à la peau. Mes testicules, lourds et serrés, se contractèrent au contact de l’eau, comme s’ils cherchaient à remonter vers mon ventre.
Et puis il y eut elle.
Son dos, large et moite, se plaqua contre mon torse poilu. Je sentis ses poils à moi s’écraser contre sa peau, créant une friction rugueuse, presque irritante, mais divine. Elle se cambra, et son cul, lourd et ferme malgré les ans, vint s’écraser contre mon sexe dressé. Un soupir lui échappa, chaud, humide, et je sus qu’elle avait senti ma chaleur, ma fermeté, à travers l’eau.
« Enfin… » murmura-t-elle, et son doigt, toujours entre mes fesses, appuya juste assez pour me faire gémir.
L’eau, maintenant, débordait par-dessus le bord de la baignoire, glougloutant comme une gorgée de vin avalée trop vite. Et moi, j’étais là.
Prêt.
Affamé.
Posted Aug 3, 2026, 10:43 AM UTC