Est-ce que j'ai le droit de deliuer le pichet de vin de ma hiérarchie avec du MoviPrep ?
Juste ce qu'il faut pour les faire chier.
Pour le contexte, je suis agent contractuel dans le support informatique d'une grosse administration, depuis quelques années. Cette structure est actuellement contrainte de faire des coupes budgétaires et récupérer de l'argent où ils peuvent. Et bien-sûr, ils tapent en premier lieu sur les agents contractuels. Je ne serai donc pas renouvelé au terme de mon contrat qui arrive bientôt à échéance, et ça me déprime. Je ne suis donc évidemment pas le seul concerné, et loin de moi l'idée de penser que je mérite plus qu'un·e autre de bénéficier d'une pérennisation de mon poste. Mais quand je vois des agents de catégorie B et A qui sont employés depuis plus d'une dizaine d'années et qui se la touchent dans leurs fonctions depuis au moins la moitié, et qui sont caressés dans le sens des poils pubiens par la DRH, ça hérisse les miens.
Dans les grandes lignes, mon activité consiste à accompagner et assister les usagèr·es dans la prise en main des outils informatiques et des services numériques mis à disposition par cette structure (entre autres, car nous traitons aussi des demandes assez variées qui ne nécessitent pas forcément des compétences informatiques). Et pour ceux qui sont familiers avec le domaine du support helpdesk, on traite des demandes de niveau 0/1. Nous sommes un maillon relativement essentiel dans la chaîne des différents services de support, supprimer des postes ne fera que dynamiter le bon fonctionnement de ceux-ci, à tous les étages. Si ça me bute autant, c'est que j'aime mon travail et le soutien qu'il apporte, à un public parfois en situation d'urgence qui les fragilise dans leur situation ; la qualité de la prise en charge et de l'aide qu'on leur apporte allège d'une part le travail de ceux du dessus, et apaise le stress et l'angoisse ressentis par ces demandeurs. Théoriquement nous ne devrions pas être amenés à travailler plus de 7h, mais quand je prends en charge des demandes dont les besoins sont urgents et méritent de concentrer + d'implication et de temps, je n'arrive pas à adopter cette règle de "notre service ferme à 17/18h, donc tes problèmes attendront demain", d'autant qu'il y a pas mal de situations (en période de forte activité) où la demande d'un·e usagèr·e peut nous parvenir à 16h, et doit être traitée avant la fin de la soirée. En ce moment par exemple, je suis amené à déborder sur mon temps perso, et je travaille chez moi parfois jusqu'à 21 ou 22h. Certaines situations me travaillent tellement psychologiquement que je prends connaissance des retours de mails de ces personnes que j'accompagne, à minuit ou 1h du matin, pour m'assurer que c'est okay. Et dans le cas contraire, me noter ce qu'il faudra que je leur apporte comme réponse le lendemain, pour ne pas que leurs problèmes s'éternisent trop longtemps et les pénalisent. Je ne fais sincèrement pas ça pour des questions de posture professionnelle et encore moins pour récolter des lauriers de qui que ce soit. Je le fais parce que ça me semble trop important, je suis incapable d'être déconnecté de la réalité que ces personnes vivent et faire la part des choses entre "travail" et "humain" ; la plupart des collègues de ma structure (et pas de mon service) raisonnent de façon ultra pragmatique, et se fichent royalement qu'un problème urgent mette quelqu'un dans un extrême embarras. C'est leur modus operandi. Et je ne peux pas leur en vouloir, c'est très certainement pour se préserver.
Bref, tout ça pour dire que j'aurais aimé continuer à évoluer au sein de mon service, que je prends la nouvelle de mon non-renouvellement et de celui d'autres collègues assez amèrement. Et comme point final, j'ose imaginer qu'il serait de coutume de dire "bienvenue dans le monde du travail, grosse lavette."
Posted Sep 5, 2026, 3:47 PM UTC · locked