Redditeurs, redditrices, ne récompensez pas la connerie ! Annulez vos rendez vous paramédicaux !
Travaillant dans le paramédical, je reçois toujours un certain nombre d'appels de patients désirant obtenir un rendez-vous. Pour les raisons que tout le monde peut imaginer : je refuse, je suis fermé jusqu'à nouvel ordre. Ça me coute des sous et sur cet aspect, je ronge mon frein, mais c'est la guerre, et si tout le monde joue le jeu on sortira tous plus vite.
Cependant, depuis quelques jours, certains patients insistent, m'expliquant qu'untel, lui, reçoit encore ses patients.
En allant vérifier il disent vrai : certains ostéopathes, chiropracteurs ou étiopathes pratiquent encore, et ce, malgré des instructions claires de différents syndicats conseillant de fermer leurs cabinets, ou les décrets limitant les soins exercés comme étant des soins à caractère d'urgence.
Il proposent des mesures barrières "assurant la sécurité sanitaire de la consultation", et prétendent exercer "afin de désengorger les urgences" afin de "ne pas abandonner et laisser tomber leurs patients".
Que l'on soit bien clair : ils mentent. A l'heure actuelle il est impossible d'assurer une consultation dans des conditions de sécurité optimale. Les masques ffp2 sont réquisitionnés (certains thérapeutes en promettent pourtant à chacun de leurs patients..), ainsi que les blouses jetables indispensables.
Même la plupart des consultations de kinésithérapeutes sont interdites, seules celles à caractère d'urgence respiratoire étant maintenues (source : un ami kiné).
S'il existe des patients souffrants réellement d'une urgence, leur place n'est pas chez une des profession citées : elle est aux urgences, ou chez un médecin.
Ces "thérapeutes" ne sont pas les héros qu'ils prétendent, ce sont des opportunistes irresponsables.
Ils sont une insulte à la confraternité en analysant la situation comme une occasion d'augmenter leurs revenus en "récupérant" la patientèle de leurs confrères responsables, qui eux ont fermé.
Ils sont un doigt d'honneur à tout le corps médical indispensable qui dans certaines régions est déjà submergé et en manque crucial de matériel.
Ils pénalisent l'ensemble de la population, en prenant le risque d'être la source d'un nouveau foyer, ils compromettent la possibilité d'un déconfinement rapide.
Ils sortent enfin de leur plein gré du statut de thérapeute : primum non nocere. Personne ne mérite d'être pris en charge par un "thérapeute" priorisant sa situation financière à votre santé.
Ayant un léger doute quand au fait que ces personnes prennent conscience de l'absurdité de leurs actions et se mettent au niveau quand à leurs reponsabilités, je vous invite donc à le faire à leur place, et à vous retenir de les consulter.
Avoir mal, c'est chiant. Les médecins exercent toujours et en cas de douleurs atroces, il est toujours possible de les consulter, afin de prendre les traitements nécessaires à la limitation des douleurs. Eux disposent du matériel pour consulter en toute sécurité.
Certains thérapeutes continuent à répondre au téléphone (c'est mon cas), et n'hésitent pas à fournir des conseils utiles dans cette période particulière. Profitez en.
Posted Apr 14, 2020, 1:22 PM UTC
Merci pour ce post, je suis kiné et j'ai également dû fermer mon cabinet, quand je lis certains post de mes compatriotes kiné j'ai envie d'hurler.
Ça pose quand-même de réelles questions. Kiné ça reste une profession de santé, les ennuis de santé ne s'arrêtent pas pendant le covid et peuvent s'aggraver faute de prise en charge. Y a peu d'urgences vitales évidemment, mais si ça doit encore durer des mois (et on en prend le chemin, parce que soyons clairs les conditions sanitaires seront les mêmes après le 11 mai), faudrait pas que des gens se retrouvent avec l'appareil locomoteur durablement abîmé.
[deleted]
J'ai trouvé un texte, dans un contexte plus dur que le contexte actuel, celui de la débâcle, de l'Exode de mai/juin 1940. Je trouve le parallèle intéressant.
Par rapport à tous les sacrifices auxquels on consent dans le cadre de la lutte contre le virus.
" J’entendrai des étrangers reprocher plus tard à la France les quelques ponts qui n’auront pas sauté, les quelques villages qui n’auront pas brûlé et les hommes qui ne seront pas morts. Mais c’est le contraire, c’est exactement le contraire qui me frappe si fort. C’est notre immense bonne volonté à nous boucher les yeux et les oreilles. C’est notre lutte désespérée contre l’évidence. Malgré que rien ne puisse servir à rien, nous faisons sauter les ponts quand même, pour jouer le jeu. Nous brûlons de vrais villages, pour jouer le jeu. C’est pour jouer le jeu que nos hommes meurent.
Bien sûr, on en oublie ! On oublie des ponts, on oublie des villages, on laisse vivre des hommes. Mais le drame de cette déroute est d’enlever toute signification aux actes. Quiconque fait sauter un pont ne peut le faire sauter qu’avec dégoût. Ce soldat ne retarde pas l’ennemi : il fabrique un pont en ruine. Il abîme son pays pour en tirer une belle caricature de guerre ! Pour que les actes soient fervents, il faut que leur signification apparaisse. Il est beau de brûler des moissons qui enseveliront l’ennemi sous leurs cendres. Mais l’ennemi, appuyé sur ses cent soixante divisions, se moque bien de nos incendies et de nos morts. Il faut que la signification de l’incendie du village équilibre la signification du village. Or le rôle du village brûlé n’est plus qu’une caricature de rôle. "
Il y a aussi les gens qui sont prêts à dénoncer leur voisin qui va faire sa marche de santé quotidienne, parce que le pauvre n'a pas le privilège de se vêtir d'un jogging ou d'aller faire chier son chien (première fois que je remarque la proximité des deux mots, tiens !).
Mais le gouvernement a privilégié l'autorité a la pédagogie, alors qu'il aurait pu faire les deux (ce qui aurait permis, progressivement, de concentrer les efforts autoritaires là où ils étaient justifiés, ce qui aurait, dans un cercle vertueux, renforcé la dimension pédagogique).
la même pour mes clients qui ont des IRM. Les patients n'y vont plus, ça va rajouter 2 mois de retard dans des plannings déjà très chargés. on note également cela dans au moins une clinique qui a tout mit en place (prise de température et masque donnés à l'entrée à chaque personne qui entre). Mais les patients ne viennent pas et crieront au scandale quand il leur faudra 4 mois pour re caler leur RDV IRM.
On va bien me casser les couilles quand il y aura des pannes!
Sérieusement, ne peut-on pas faire une distinction? J'ai eu de la "chance", j'ai eu un IRM peu avant le COVID qui a décelé la possibilité d'un cancer, ce qui a mené à une biopsie, qui a confirmé le cancer, ce qui a mené à une opération en plein COVID (que le Ciel soit loué, mon chirurgien m'a confirmé que même en période COVID les opérations pour prélever un tumeur étaient toujours permises).
Je comprends qu'il y bien IRM et IRM mais parfois il est vraiment difficile de reporter. Idem par exemple pour déterminer si une thrombose veineuse profonde a mené à une embolie pulmonaire.
Moi ce que je comprends pas trop dans toute cette affaire, c'est que j'ai cru comprendre que pour qu'on soit vraiment sorti d'affaire, fallait que plus de la moitié de la population l'attrape mais là, avec le confinement, comment ça va se passer ? J'ai bien conscience que c'est pour alléger les services d'urgence et permettre d'applatir l'afflux de malades et donner du temps pour trouver un vaccin mais genre le vaccin on parle de 18 mois et pour l'afflux, si on confine/deconfine, ça va juste faire le yoyo. Mais bon j'ai pas de solutions et je suis pas un professionnel de santé publique, c'est juste que je comprends pas totalement ce qu'on cherche vraiment à faire exactement avec le confinement.
[deleted]
J'ai une copine micro kiné qui continue à exercer... Par téléphone.
Je bosse dans un service qui prend en charge les accidents vasculaires cérébraux et c'est un vrai problème pour nous, certains patients avec des déficits relativement peu importants peuvent rentrer chez eux mais ont besoin de faire de la kinésithérapie de façon intensive et précoce. C'est une traitement dont l'efficacité est prouvée (reco de grade A) pour limiter les séquelles et il n'est pas disponible pour ces patients :(.
Malheureusement actuellement la seule solution c'est qu'ils soient hospitalisé en rééducation pour qu'ils aient une rééducation efficace et précoce.
J'ai un camarade qui s'est fait opérer de chépasquoi, le tendon d'Achille, je crois, juste avant le confinement et la crise. Il devait avoir de la rééducation après, et surprise : non, pas de kiné. Alors ma foi, il traîne sa misère et ses béquilles en attendant des jours meilleurs. Quand on est confiné, on n'a pas besoin de marcher de toutes façons.
Tiens question idiote, il y a pas des soins de Kiné qui sont dangereux à reporter ? Arreter une ré-éducation pendant 2 mois ça va pas impacter le patient ?
Si si bien sûr. Mon frère a eu un accident de la route assez grave il y a 3 ans et voit un kiné 5 fois par semaine pour l’aider à garder sa mobilité et débloquer ses muscles (il n’est plus en fauteuil mais il est assis/allongé la majorité du temps).
Depuis le confinement, il n’a plus que quelques séances en vidéo donc les douleurs reviennent, il sort plus de son lit et a eu l’autorisation de ré-augmenter sa morphine.
Dans son cas il pourrait avoir une aide mais il a aussi peur de la contamination et la phobie des hôpitaux donc il préfère prendre son mal en patience et reprendre encore des mois dans la vue que risquer d’être infecté.
A priori c’est pas dangereux pour ses chances de récupérer un jour (on sait pas de combien elles sont de toute façon), mais c’était pour nuancer le propos de l’OP: le confort ce n’est pas forcément du superflu façon « prend un bain chaud t’iras te faire masser le dos après le confinement », ça peut avoir un vrai impact sur la santé des gens. L’alternative médicale n’est pas forcément sans problèmes non plus (l’addiction à la morphine, ses effets sur le cerveau tout ça, je vais pas vous faire un dessin).
J'ai eu une entorse LLI, le kiné devait se faire ce mois ci, ça me fait un peu peur vu la douleur persistente, surtout qu on m'avait dit de le faire au plus tôt :(..
Quid des besoin de la reeducation post-fracture ? dans certains cas, attendre trop longtemps peut engendrer une perte de mobilité de l'articulation non ? Si oui y a sans doute une part des choses a faire pour éviter que certains patients développent un handicap.
C'est exactement mon cas (tibia/péroné). La seule solution que je trouve c'est de faire des exercices vus sur internet... Ce n'est pas fameux mais mieux que rien. Mais c'est quand même extrêmement frustrant, ça me prolonge facilement de plusieurs mois la période de rééducation et ça enlève aussi l'intérêt de mon arrêt de travail qui me permettrais d'aller chez le kiné quand je veux.